On sait au moins que les jeunes scribes devaient recevoir un enseignement de leurs aînés, mais ses modalités sont inconnues[210]. L'Egypte, le Sinaï, Canaan. L'issue de l'affrontement diffère selon les sources : Sennachérib prétend avoir été victorieux, tandis que la Bible relate la destruction de l'armée assyrienne par un ange de Dieu, que certains ont interprété comme une épidémie ayant forcé les Assyriens à lever le siège. L'organisation militaire des royaumes d'Israël et de Juda repose sur un ensemble de forteresses disséminées sur le territoire, comme celle d'Arad dans le Néguev, fort quadrangulaire d'une cinquantaine de mètres de côté aux murs à casemates épais juché sur une colline, dont les ostraca éclairent un peu la vie de la garnison qui y était stationnée, gardant la frontière entre Juda et Édom[110]. Au centredu territoire palestinien s’étend la Samarie. Un troisième modèle est celui de la révolte interne, qui postule une évolution des indigènes des hautes terres sans apport extérieur. Porte de l’Eau Esdras y lut et interpréta la loi de Moïse au peuple (Né 8:1–8). Comme en ville, les maisons suivent souvent le modèle commun de la maison à quatre pièces, mais sont souvent plus vastes et décomposées en plus d'unités internes, et jouxtées par des cours et d'autres bâtiments à fonction économique. Le culte officiel yahwiste prohibe de telles pratiques, mais cela semble en accord avec la solidarité de clan qui existe dans l'Israël antique et les habitudes des peuples voisins du Levant. Le commerce local devait cependant exister, notamment dans les « bazars » (hûsôt), dont des exemples ont été dégagés à Tel Dan et Ascalon. Marqués par de fortes disparités sociales, ils servent de résidences aux élites liées à l’État et à l'ensemble de personnes à leur service (scribes, artisans, esclaves, etc.[131]). Les centaines de « figurines piliers » qui se retrouvent dans un contexte domestique aussi bien à Israël qu'à Juda, dont les mains soutiennent des seins très prononcés, sont couramment reliées par les chercheurs au culte d'Ashera, même s'il n'y a pas d'indice clair qu'elles représentent une divinité ; elle renverraient à la fertilité ou à l'allaitement des enfants[189]. Selon la Bible, la région tire son nom de celui du quatrième fils de Jacob, qui donne ensuite son nom à la tribu de Juda ; selon une exégèse bibliste non-traditionnelle, ce mot proviendrait d'un terme signifiant « (terre) ravinée »[30]. Selon la Genèse, ce nom est donné au patriarche Jacob après son combat d'une nuit contre un inconnu. Les Prophètes et les Écrits seraient quant à eux canonisés plus tardivement : au plus tôt à partir du IVe siècle pour les premiers, à partir du IIe siècle pour les seconds[10]. 53 sicles ou ses subdivisions ont été retrouvés à Juda[142]. Kitchen, Alan R. Millard), ou à l'inverse celles rejetant une majeure partie de son contenu en le reléguant au statut de fable (Thomas L. Thompson, Niels Peter Lemche), sont défendues par un nombre limité de chercheurs[18]. Les trouvailles archéologiques et épigraphiques réalisées sur les sites de l'Israël antique (en particulier celles de Kuntillet Ajrud[158]) ainsi que les textes bibliques révèlent donc la présence de plusieurs dieux, vénérés aux côtés de Yahweh, que ce soit le résultat d'une influence étrangère ou l'héritage des traditions religieuses ancestrales du sud du Levant. Ces oppositions reposent essentiellement sur l'approche de la fiabilité historique des textes bibliques, et confrontent schématiquement ceux qui conservent le plus d'éléments de cette documentation et ceux qui les remettent en cause. Deux facteurs ont joué : des arrivées de populations étrangères en Palestine, et inversement la formation de la diaspora et sa confrontation aux traditions d'autres peuples. Il est assassiné avec le parti pro-babylonien quelque temps plus tard par une faction dirigée par un membre de la famille royale. Cette période aurait été marquée par l'affirmation de la prééminence du dieu unique Yahweh, et un discours dirigé contre l'Assyrie, la puissance dominante de l'époque qui a causé la chute du royaume d'Israël. À l'est au-delà du Jourdain se constituent d'autres entités politiques, du nord au sud : Ammon, Moab et Edom. Les Psaumes contiennent des louanges adressées à Yahweh, vantant sa grandeur, et également des supplications personnelles ou collectives adressées au Dieu dans le but d'obtenir la fin d'un malheur (maladie, famine, épidémie, exil, etc.) Les descendants du premier, regroupés autour du centre provincial de Samarie et de sa riche province, dirigés par le gouverneur Sanballat et ses successeurs, voient d'un mauvais œil les projets de restauration de Jérusalem et la construction de son temple auxquelles ils n'ont pas été associés. La reine-mère (gēbîrāh, « femme puissante ») exerce également un rôle important quand son fils est au pouvoir[105]. C'en est fini du royaume du Nord[67]. Durant la période des royaumes d'Israël et de Juda, Yahweh dispose de plusieurs lieux de culte importants, et il est d'ailleurs attesté sous la forme d'hypostases différentes associées à ces lieux de culte. Autre mise en page. Enfin, l'évolution décisive de la religion yahwiste vers le monothéisme, au moins dans certains cercles religieux du Temple de Jérusalem, est souvent datée des VIe – Ve siècles, notamment sur la base du Deutéro-Isaïe qui affirme qu'Yahweh est le dieu unique[96]. La résistance de Juda, et celle, à sa tête, de la « Maison de David », sont le révélateur de sa montée en puissance dans les dernières décennies du VIIIe siècle et les premières du VIIe siècle, sous les auspices d’Ézéchias et de Manassé. Les vivants étaient vus comme étant animés par une force vitale (nĕšāmâ ou rûaḥ) venant de Dieu et retournant à lui après la mort[198]. ; mais d'autres sont des hymnes royaux, des hymnes de pèlerinage, des sortes de profession de foi, ou sont des textes de sagesses ou historiques. Les enfants sont tenus de respecter leurs parents suivant un des commandements du Décalogue. Mais ils reposent comme les autres textes bibliques sur la volonté d'éclairer les relations entre Yahweh et son peuple, et présentent une vision de l'histoire d'Israël et de Juda marquée par des règnes de rois bons et d'autres qui sont mauvais, jugés en fonction de leur attitude vis-à-vis du culte de Yahweh (et dans une moindre mesure, le peuple) et non pas de leurs victoires militaires ou de leur capacité à assurer la prospérité au pays. On trouvera deux anthologies de ces textes en langue anglaise : Pots and People Revisited: Ethnic Boundaries in the Iron Age I, Archaeology of Israel: Constructing the Past, Interpreting the Present. J.-C. (époque de la stèle de Mérenptah), par opposition aux cités des terres basses plus inégalitaires, puis de manière accrue au XIe siècle av. ITURÉE. Au nord, Samarie semble être restée un centre provincial important[84]. (XI). Les récits relatifs aux périodes pré-monarchiques ont été relégués au rang de « saga nationale » qui, si elle peut reposer sur des événements ayant effectivement eu lieu, ne peut être utilisée pour servir de base à la reconstitution d'une histoire événementielle fiable. Il faut également noter qu'à la différence des futurs exilés Judéens, ceux d'Israël (et la première vague de Judéens déportés) se sont manifestement fondus parmi les populations des régions où ils ont été emmenés et n'ont donc pas de postérité connue[72]. Environ de Jérusalem au temps des rois. edmond stapfer . Ensuite parce qu'elle insiste sur le fait qu'ils résultent d'une réflexion théologique, guidée en particulier par la relation entre Yahweh et son peuple, érigée en principe explicatif des événements relatés. La côte est quant à elle dominée au sud par des cités-États philistines (la « pentapole » : Gaza, Ascalon, Ashdod, Gath et Éqron), et plus au nord par les royaumes phéniciens (Tyr et Sidon en particulier). Ces informations sont destinées à la Société d’Edition de Revues, qui édite Christus.Elles sont enregistrées dans notre fichier clients à des fins de traitement de votre abonnement et afin de vous envoyer les newsletters des sites des revues de la SER (Etudes, Christus et Vers Dimanche).Conformément à la loi « Informatique et Libertés » du 6 janvier 1978 modifiée, elles … L'acteur décisif de ce changement est le roi Teglath-Phalasar III, bien connu par les sources bibliques, et qui évoque dans ses propres inscriptions commémoratives Israël et Juda. Le Livre de Job confronte le principe de justice rétributive à la réalité qui le désavoue souvent, en voyant le succès des mauvais et le désarroi des justes, ce qu'avaient déjà présenté certains textes sapientiaux mésopotamiens (en particulier le « Poème du juste souffrant »), sans aboutir à des réponses aussi élaborées. Ils sont réduits à ce statut à la suite de dettes impayées, des peines juridiques, après avoir été faits prisonniers lors d'un conflit ou bien parce qu'ils sont nés d'esclaves. Le couronnement semble se faire dans un lieu sacré, et est marqué par l'onction du roi qui devient alors l'« oint (māšîaḥ, terme d'où vient Messie) de Yahweh » ; la fin du rituel semble marquée par une acclamation par le peuple (ou du moins ses représentants, les Anciens), puis un banquet[102]. L'épilogue du Livre de Job voit son héros rétabli par Dieu après son épreuve au cours de laquelle il a gardé foi en Dieu, montrant que celui-ci n'est pas hostile aux justes, mais que sa volonté est parfois impénétrable[219]. La recherche ne retient plus désormais l'hypothèse documentaire qui proposait quatre sources à la Torah (document jahviste J, document élohiste E, document deutéronomiste D et document sacerdotal P) mais en a conservé les fondements idéologiques (la composition d’une histoire nationale à des fins politiques) et le principe de plusieurs remaniements et plusieurs couches d'écritures par des auteurs ou des écoles différentes, révélant les préoccupations de diverses périodes et tendances (l'approche « historico-critique »)[5],[6]. Les influences extérieures ont pu être proposées comme celle du monothéisme égyptien du temps d'Akhenaton, mais cela est très peu probable[171]. La sagesse qu'ils présentent est dominée par le principe d'une justice rétributive : on reçoit comme on donne. L'approche historico-critique est cependant rejetée par les défenseurs des positions les plus « maximalistes » et « minimalistes ». Un autre genre littéraire caractéristique des textes bibliques et de la littérature du Proche-Orient et de l'Égypte antiques est celui des « sagesses ». Du fait du processus de sélection qui a présidé à leur compilation en un seul livre, ils ont quasiment tous un arrière-plan théologique s'intéressant aux relations entre Yahweh et le peuple d'Israël. avec 2 tableaux, 2 plans et une carte. En 589, Sédécias cède finalement aux sirènes de la révolte, et les troupes de Nabuchodonosor II viennent à nouveau assiéger Jérusalem. Le texte biblique attribue une origine divine à la plupart des lois. 28). Les livres de Jérémie et d’Ézéchiel évoquent une cour de Sédécias déchirée entre des débats relatifs à la soumission à Babylone, reposant en partie sur des arguments religieux (quelle était la volonté de Yahweh ?). L'origine du nom de ce dieu est débattue, et ses aspects originels ne sont pas très clairs. Le Livre d'Ezéchiel et le Deutéro-Isaïe rapportent les débats qui sont survenus entre les personnes revenues de l'exil, essentiellement des élites administratives, intellectuelles et religieuses, et celles qui étaient restées pour savoir qui avait la légitimité sur le pays de Juda et le culte de Yahweh. Disposant de leur propre Bible, ils vont en déclinant tandis que les Juifs prospèrent car, selon Mario Liverani, leurs traditions religieuses et historiographiques n’avaient pas la même solidité[100]. J.-C.-70 ap. Ils encadrent une administration chargée de la police dans leur ville et circonscription (avec peut-être plus largement un rôle militaire), de la justice, et la gestion de l'organisation économique de l’État. bāmāh, pl. L'histoire de l'Israël antique est généralement marquée par des débats importants et insolubles qui font qu'il est impossible d'en présenter une vision unifiée. Les cultures arbustives ont pris avec le temps une grande importance dans l'économie agricole : l'olivier et la vigne, les figuiers en particulier. Il repose sur la recherche de témoignages et de preuves matérielles, parfois avec l'intervention de pratiques divinatoires ou bien d'un serment par Dieu censé garantir la sincérité de la personne qui le prononce. Mais cela ne suffit pas à régler les débats, tant s'en faut. Les royaumes d'Israël et de Juda ont à leur tête un roi (melek), situation courante dans le Proche-Orient antique. Ceux-ci les ont écrits afin de mettre en avant un agenda théologique et politique répondant aux préoccupations de leur temps[12]. Les toits sont en terre battue. Le modèle de W. F. Albright, repris en particulier par Y. Yadin, restait proche du récit biblique en postulant une conquête de ces terres par des groupes nomades extérieurs. La première moitié du IXe siècle, au sortir des « âges obscurs » qui ont marqué le tournant du Ier millénaire, connaît plus largement un paysage géopolitique recomposé au Proche-Orient, situation due au vide créé par le retrait des grandes puissances dominant la région auparavant (Égyptiens, Hittites, Assyriens) qui ont soit disparu soit ne sont plus en mesure de s'y implanter durablement. L'Alliance est souvent présentée comme une sorte d'union matrimoniale, et son non-respect comme une infidélité ou même de la prostitution. Certains Psaumes qui semblent relatifs à l'intronisation des rois désignent ceux-ci comme « fils de Yahweh ». Selon A. Lemaire, ils admettraient quand même l'existence d'autres dieux mais en ne leur rendant pas de culte : c'est une monolâtrie (le « yahwisme »). Ces deux États connaissent ensuite des fortunes diverses. La complexification de l'agencement de ces tombes et la plus grande richesse de leur matériel funéraire aux VIIIe – VIIe siècles av. Les causes de l'affirmation du monothéisme ne sont pas évidentes à déceler. Les différentes tendances décelables alors sont celles émanant des fonctionnaires liés à la monarchie (« Deutéronomistes »), des prêtres du Temple de Jérusalem (« Sacerdotaux ») qui tendent à supplanter les premiers, et aussi du milieu prophétique. On s'accorde pour considérer le règne de Josias comme une période décisive du point de vue de l'évolution religieuse du royaume de Juda. Elles sont subdivisées en districts disposant de leur propre administration et les textes relatifs à la Judée indiquent qu'à la base les Anciens ont toujours un rôle important. Pour assurer leur approvisionnement en eau, et en particulier pour faire face aux risques de sièges, plusieurs cités sont dotées de tunnels menant à des sources, comme le tunnel d'Ézéchias repéré à Jérusalem ; des puits servent pour l'apport en eau le plus courant. Une variante courante (en particulier en ville) est la « maison à trois pièces » dans laquelle l'espace principal est séparé en deux pièces par une seule rangée de piliers[129]. Ils ont été rédigés sur une période longue, mais présentent souvent des traits volontairement archaïsants. Souvent soutenue par des cercles bibliques ou des sociétés d'études bibliques, elle est caractérisée par la recherche des sites et des événements bibliques dont la véracité n'était pas contestée : époque des Patriarches, de l'Exode, de la conquête, de la monarchie unie, etc. J.-C., et mettent fortement en doute leur fiabilité pour reconstruire l'histoire de l'Israël pré-exilique[14]. Quelques poids portent la mention de noms propres, peut-être la marque de leurs propriétaires ou de l’officiel chargé de garantir sa fiabilité. Autre mise en page. L'Exil à Babylone est en particulier une étape cruciale dans l'affirmation du monothéisme en créant une crise sans précédent chez les exilés. ), véritable figure fondatrice de la royauté régnant depuis sa capitale Jérusalem, puis Salomon (970-931 ? ABILÈNE. L'époque cruciale pour la composition du texte biblique serait celle qui suit la prise de Jérusalem par Babylone en 587 et qui se solde par la déportation des élites de Juda en Babylonie. L'identification de traces des périodes des Patriarches, de l'Exode et de la conquête sur des sites archéologiques est progressivement abandonnée quand il a été clairement établi par les fouilles archéologiques et l'analyse des textes antiques que les passages bibliques les concernant ne reflétaient en rien les réalités du sud du Levant du IIe millénaire comme on le pensait précédemment, mais celles des périodes de rédaction des textes. La Bible n'est pas un texte particulièrement valorisant pour la monarchie, les différents courants qui l'ont rédigé n'étant pas pro-monarchiques et reflétant parfois une tendance critique envers cette institution (notamment dans le Livre de Samuel) car ils ont souvent été rédigés à une époque où elle avait chuté et où on abandonnait l'idée de son rétablissement. Concrètement, la justice est exercée par les autorités administratives, et en premier lieu le roi et les hauts dignitaires. Devant la crainte de nouvelles représailles, une grande partie de la population de Juda, dont ses derniers dignitaires (y compris le prophète Jérémie), s'enfuit en Égypte[80]. L'Israël antique utilisait essentiellement des poids en pierre, taillés en forme de demi-sphère. L'histoire de leur rédaction est très complexe, difficile à identifier et donc très débattue. Après le mariage, l'épouse (ʾiššâ) rejoint la famille de son époux en apportant sa dot (šillûḥum), qui consiste en des biens ayant une utilité économique, parfois des terres et des esclaves. paris. Césarée de Philippe. Plusieurs Psaumes présentent différents traits de Yahweh et sa complexité, due en grande partie à un phénomène de syncrétisme qui l'a vu reprendre les aspects des grands dieux des panthéons des peuples ouest-sémitiques antiques, connus en particulier par la mythologie d'Ugarit.